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Les accords imposés par l’Angleterre au Zimbabwe et le non-respect de ceux-ci, sans oublier les exterminations massives 5/5

1991-1995 : Mise en place des mécanismes d’accomplissement de la prophétie


En 1991, le Zimbabwe passe sous ajustement structurel pour une période de 4 ans. Ce programme d’ajustement structurel va alors efficacement effacer les progrès accumulés difficilement jusque là. Sous l’injonction des institutions de Brettons Wood (FMI et Banque mondiale), une politique monétaire restrictive sera menée avec en prime une dévaluation du dollar Zimbabwéen qui sera dépréciée de 48% de sa valeur par rapport au dollar américain et aux autres devises au second semestre de l’année 1992. Fin 1991, l’inflation atteint 26%, un niveau jusqu’alors jamais atteint.

En 1992, sous les prescriptions des institutions de Brettons Wood, le gouvernement Zimbabwéen est sommé de neutraliser la progression de la masse monétaire autour de 20-25%. Cette politique va s’accompagner d’une élévation des taux d’intérêt aux alentours de 40 et 45% en valeur nominale. Les conséquences de cette hausse des taux seront immédiates et automatiques : blocage de l’investissement des entreprises et des ménages, réduction de la vitesse de circulation de la monnaie dans l’économie et récession économique. L’inflation grimpe en flèche et atteint la barre des 40%.

Les causes de cette flambée sont multiples et de nature à la fois conjoncturelles (augmentation du coût des matières premières et des équipements importés à la suite de la dévaluation de la monnaie nationale, pénuries sur certains produits causées par la sécheresse) et structurelles (abandon du contrôle des prix sur un grand nombre de produits). Le pays est déjà lancé à vive allure vers le gouffre. Le Royaume-Uni va accélérer le mouvement. Il refuse d’accepter l’expropriation de certains de ses ressortissants et descendants bénéficiant de la double nationalité, anglaise et Zimbabwéenne, puis va subordonner son aide financière initialement conclue lors des Accords de Lancaster House à certaines exigences ( indemnisation plus conséquente des exploitations expropriées, un droit de regard sur la pertinence de l’expropriation et le maintien des mécanismes d’accord mutuel entre vendeur et acheteur) pour finir par la stopper dans la foulée.

Comme si cela ne suffisait pas, des budgets d’austérité sont imposés au pays par les institutions de Brettons Wood sous les exercices 1992/1993 et 1993/1994. En 1995, les institutions de Brettons Wood estiment que l’application du PAS est incomplète et partielle. 25000 emplois dans le secteur public sont estimés en surchauffe et doivent être supprimés alors que le gouvernement Zimbabwéen avait déjà supprimé 4000 postes en 1993 puis 6000 postes en 1994, soit 10000 postes au total dans la fonction publique et les entreprises d’Etat ! C’est le chaos, les populations sont anéanties et le pays est au bord du gouffre avec plus de 40% de taux de chômage. Néanmoins, le président Robert Mugabe va tenir bon et mener à terme le PAS prescrit par les institutions de Brettons Wood.

1996 - 1999 : L’accomplissement de la prophétie

Fin 1996, le président Robert Mugabe attend toujours les retombées financières de l’application du PAS promises par les institutions de Brettons Wood qui n’arriveront jamais. En 1998, le pays sombre et la combinaison d’un taux de chômage touchant 45% de la population active ainsi que la forte dépréciation de la valeur de la monnaie nationale vont être à l’origine de violentes manifestations populations qui se solderont par ce qu’on va appeler les « émeutes de la faim » dans le pays. En 1999, le président Robert Mugabe prend la décision de rompre les relations impures que son pays entretient avec les institutions de Brettons Wood.

Depuis 2000 : Construction des bases d’une société juste et équitable

Le président Robert Mugabe a intensifié les expropriations. Son objectif, mettre en place les bases d’une société zimbabwéenne juste et équitable fondée sur un double principe : l’égalité des chances et l’absence de privations absolues.

1. L’égalité des chances : selon ce principe, les résultats atteints par tout zimbabwéen au cours de sa vie dans différentes dimensions (économiques, sociales et politiques) doivent être indépendants de son milieu d’origine (race, lieu de naissance, origines familiales, groupe social, etc.) ;

2. L’absence de privations absolues : ce principe complémentaire du premier établit que l’Etat zimbabwéen doit assurer une vie décente à tous ses membres, en les plaçant au-dessus d’un seuil de pauvreté absolue déterminé, quel que soit leur « mérite » respectif ou leur race.

Pour les uns, cette philosophie n’est rien d’autre qu’une série d’idées à priori erronées et utopiques, qui justifient des contestations abusives. Pour d’autres, elle ne serait qu’un moyen de justifier le goût du pouvoir et la volonté du président Robert Mugabe de s’y accrocher à vie ! Pourtant, loin d’être utopique, cette vision mérite plutôt d’être saluée dans la mesure où elle apparaît juste, pleine de bon sens et surtout porteuse d’espoir pour le peuple noir englouti dans un engrenage sans fin menant à la faillite générale, à la désespérance et à l’anéantissement, puisqu’une société équitable est susceptible d’accroître les capacités dont dispose un individu, c’est-à-dire les libertés fondamentales qui lui permettent de mener le genre d’existence auquel il ou elle aspire, en l’affranchissant de toutes les formes de domination et de dénuement caractérisés par le dénuement matériel, un niveau d’éducation et de santé insuffisant, la précarité et la vulnérabilité voire l’impossibilité de se faire entendre et d’influer sur son propre destin.

En conclusion de cette analyse, il est tout simplement important de garder à l’esprit que les Zimbabwéens ont souffert et continuent à souffrir des injustices d’un système socio-économique inéquitable dans le passé, dans le présent et vraisemblablement dans le futur si les choses restent en l’état. Pillé dans ses ressources naturelles et humilié dans sa dignité durant la période coloniale, trompé lors des Accords de Lancaster House en 1979 et frustré de détenir un pouvoir vidé de toute sa substance lors de ses 10 premières années d’indépendance et, enfin, calomnié par tous aujourd’hui, le Zimbabwe aurait pu continuer à subir le diktat d’une minorité blanche n’eut été le courage et la volonté du président Robert Mugabe de mettre en échec ce système inique. Et tout le peuple Noir devrait plutôt s’en inspirer !

Références

• Jean-Louis Balans, « La Rhodésie du sud : 1890-1980 », in BALANS J.L. et LAFON M. (dir.), Le Zimbabwe contemporain, Paris - Nairobi, Karthala - IFRA (coll. Hommes et sociétés), 1995.

• Donald Dreyer, « Les mouvements politiques africains au Zimbabwe avant l’indépendance. Influences régionales », idem

• André Gleizes, « L’économie du Zimbabwe », idem

• Philippe Gervais-Lambony, « Le fait urbain au Zimbabwe : héritages et évolutions », idem

• Le Gal, Morgane et Merlet, « Zimbabwe. Un besoin incontournable de réforme agraire », Cahier de proposition AMP, 2002.

• Sam Moyo, « The Politics of Land Distribution and Race Relations in Southern Africa », in Identities, Conflict and Cohesion, United Nation Research Institute for Social Development, 2004.

— , « Question agraire et réconciliation au Zimbabwe », in BALANS J.L. et LAFON M. (dir.), Le Zimbabwe contemporain, Paris - Nairobi, Karthala - IFRA (coll. Hommes et sociétés), 1995.

• Marshal W. Murphree, « Les relations raciales au Zimbabwe », idem

• Elisabeth Tisserand, « Zimbabwe. La réforme agraire détournée », Courrier de la planète, 47, 1998.

• http://www.arikah.net/encyclopedie-francaise/
Histoire_de_la_Rhod%C3%A9sie.

Source


*Site du Parti PanAfricain fondé par Aubin NGWA ZANG



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